PRESSE / Carcassonne : Deux gars, une fille au cœur d’un trafic de cannabis depuis l’Espagne

Ce jeudi 6 janvier 2022, deux hommes et une femme ont été jugés en comparution immédiate, après avoir été interceptés lundi 3 janvier, avec 800 g de résine de cannabis.

Article original publié dans l'indépendant du 06/01/2022 par Yannick Bonnefoy
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Ce jeudi 6 janvier 2022, deux hommes et une femme ont été jugés en comparution immédiate, après avoir été interceptés lundi 3 janvier, avec 800 g de résine de cannabis. Ils rentraient d’Espagne

Lundi 3 janvier aux environs de 00 h 40, c’est parce qu’il n’avait pas mis son clignotant à hauteur de l’Allée d’Iéna, que le conducteur d’un véhicule Fiat 500 a été intercepté par un équipage de police. Lors du contrôle des quatre occupants de la voiture, il va s’avérer que le conducteur n’est pas titulaire du permis. Une forte odeur de cannabis émane également de l’habitacle, et ce sont finalement huit savonnettes de 100 g de cannabis, qui seront découvertes lors d’une fouille plus approfondie.

À l’issue de 36 heures de garde à vue au commissariat, c’est dans ce contexte qu’Ayoub, âgé de 26 ans, Victor, 20 ans, et Kenza, 21 ans, sont arrivés sous escorte à la barre du tribunal, où ils ont été jugés en comparution immédiate. Tous les trois étaient poursuivis pour des faits de "transport" et d’"importation de stupéfiants" à Alméria, Benicarlo (Espagne), Carcassonne et Montpellier. Pour ces faits, qui courent du mois de novembre 2021 au 3 janvier dernier, seul Ayoub est en état de récidive.

C’est dans le sud est de l’Espagne, à Benicarlo où ils logeaient, que les trois prévenus ont été embrigadés dans un réseau de trafiquants de cannabis pour gagner une misère. Ils vont tout d’abord aller récupérer 10 kg de résine cannabis à Alméria, qu’ils vont entreposer et conditionner dans l’appartement qu’ils occupent à Benicarlo. Depuis ce QG loué par les trafiquants, Ayoub et Kenza vont jouer le couple idéal pour passer de la drogue en France, pour des livraisons de 2 kg à 200 g par trajet. C’est du moins ce qu’ils vont reconnaître.

"Kenza servait en tant que décoration dans la voiture. C’est mieux pour passer les contrôles. C’était son unique rôle ! Les personnes au-dessus de moi avaient leurs contacts en France pour les transports. Après, c’était selon les commandes…", a déclaré Ayoub à la barre. "C’est par appât du gain que j’y suis allé. J’allais d’un point A à un point B, je n’avais pas contact direct avec les acheteurs !"

Kenza a également reconnu les faits devant le tribunal, en expliquant que les trajets avaient commencé, il y a un mois : "Moi, je gagnais 50 à 100 € par trajet. Ayoub transporte, et après ça se passe au-dessus. Victor restait à Benicarlo, il ne faisait pas de trajet…"

Kenza servait en tant que décoration dans la voiture. C’est mieux pour passer les contrôles

Pris le 3 janvier dernier à Carcassonne dans la Fiat 500, Victor a répété qu’il n’avait pas eu de rôle particulier dans cette affaire. À la défense de Victor, Me Catherine Jocteur-Monrozier a regretté que l’on n’ait pas les responsables, "qui les ont utilisés avec beaucoup de dénigrement. Ils étaient coincés dans cette situation, avec aucune possibilité d’y mettre un terme…"

Pour Kenza, Me Charlotte Deloffre a emboîté le pas en rappelant au tribunal que « ce sont les petites mains, les ouvriers que vous avez à juger aujourd’hui ». Aux intérêts d’Ayoub, Me Émilie Boyer est revenu sur les aveux de son client, "qui ont fait que les choses deviennent claires… L’enquête n’a pas été poussée pour savoir qui est en haut ! Aujourd’hui, mon client est soulagé d’avoir mis un frein à ce mode de vie !"

Après en avoir délibéré, le tribunal s’est déclaré incompétent pour les faits ayant eu lieu en Espagne. En revanche, les trois prévenus ont été reconnus coupable pour le reste. Ayoub a ainsi été condamné à 12 mois de prison avec un mandat de dépôt ; Kenza à 8 mois de sursis probatoire et Victor à 6 mois avec sursis.

« L’ébauche d’un trafic »

"Nous avons là l’ébauche de trafic de stupéfiants, où on a des quantités importantes qui sont livrées en France depuis plusieurs mois… De 200 g à 2 kg sur Carcassonne ou Montpellier, voire Narbonne." Pour le substitut du procureur Grégory Singer, "Tous les éléments démontrent la culpabilité d’Ayoub sur les trois infractions. Ça ressort des études de la téléphonie. Il est à la fois le plus impliqué, et celui qui a le plus d’antécédents." 2 ans de prison avec un mandat de dépôt seront ainsi requis. À propos de Kenza : "Elle reconnaît sa responsabilité et explique a été payée pour faire la potiche et éviter d’être contrôler." La peine de 12 mois de prison dont 6 avec sursis a été demandée. Au sujet de Victor : "Il ne pouvait pas ne pas savoir qu’il remontait de la drogue… Il était dans une sorte de vie parallèle, où il se disait que ce n’était pas si grave !" La peine de 10 mois de prison assortie d’un sursis probatoire a été requise à son encontre.

Article original publié dans l'indépendant du 06/01/2022 par Yannick Bonnefoy
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