PRESSE / Carcassonne : six mois de prison ferme pour avoir massacré sa compagne

Ce mardi, un homme de 45 ans a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de violence aggravée sur sa compagne.

Article original publié dans l'indépendant du 14/05/2019 par Yannick Bonnefoy
Pour lire l'article original cliquez ici

Ce mardi, un homme de 45 ans a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de violence aggravée sur sa compagne. A l’issue de son jugement, le quadragénaire a été reconduit à la maison d’arrêt de Carcassonne.

Placé en détention provisoire depuis le lundi 15 avril, suite au non-respect du contrôle judiciaire dont il avait généreusement bénéficié au regard des faits reprochés, c’est finalement ce mardi après-midi que Mickaël Huc a été jugé devant le tribunal correctionnel de Carcassonne. Agé de 45 ans, ce natif de Rouen avait en effet à répondre de "violence aggravée par deux circonstances (à l’encontre de sa compagne et en état d’ivresse), suivie d’une incapacité supérieure à huit jours". En l’espèce, vingt-un jours d’ITT. Les faits en question avaient eu lieu à Carcassonne, le 10 avril dernier.

Une véritable scène de guerre

Ce jour-là, c’est aux environs de 18 h que les policiers ont été alertés par une voisine chez qui un homme de 91 ans venait de se réfugier. Sur place, les fonctionnaires vont ainsi apprendre que la fille du vieil homme, chez qui elle vit depuis deux ans avec son compagnon, est en danger. Se dirigeant vers l’appartement désigné, les policiers vont ainsi tomber sur le prévenu qui leur dit qu’il ne se passe rien, que sa compagne fait le ménage. Le prévenu est ivre et sur lui, les policiers vont finir par découvrir deux couteaux à cran d’arrêt.

L’homme est interpellé illico, et c’est dans ce contexte que les fonctionnaires pénètrent dans l’appartement où ils découvrent une véritable scène de guerre, avec des objets cassés, ainsi que du sang sur des murs et des meubles. Dans une pièce à côté, la victime passe le balai, la tête baissée. Cette dernière est en sang, elle présente de nombreuses plaies et plusieurs hématomes. Elle et son père, dont il s’avérera que ses blessures sont dues à une chute dans l’escalier, seront tous les deux hospitalisés.

"Elle ne doit sont salut qu'à son père âgée de 91 ans qui a essayé de s'interposer"

Le prévenu, comme il l’a répété à la barre, ne se souvient que d’avoir tiré les cheveux de sa compagne : "Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, si ce n’est une histoire de démarches administratives. C’est tout ce que je me rappelle !" Aux intérêts de la victime, Me Frédéric de Rinaldo est revenu sur les faits, "où l’on est plus sur du massacre que dans un contexte de violence conjugale que l’on a régulièrement à gérer…" Dans les mains de l’avocat, des photos à l’appui pour rappeler la violence inouïe des coups portés par le prévenu. Et revenir sur sa cliente lorsque les policiers l’ont découverte la tête en sang, avec "le visage de la honte, celui des femmes battues qui n’osent rien affronter… Au final, ça aurait pu être dramatique ! Elle ne doit son salut qu’à son père âgé de 91 ans qui a essayé de s’interposer".

A la défense, Me Charlotte Deloffre a évoqué la personnalité de son client, "qui est incapable de donner des explications à ce qu’il a fait. L’alcool n’explique pas tout, c’est quelqu’un qui n’a pas d’antécédent de violence…" Et de poursuivre sur le mois de détention de son client a vécu pour la première fois de sa vie, avant de plaider pour une peine assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve (SME) dans son intégralité, ou à défaut une peine non assortie d’un mandat de dépôt comme requis.
Après délibération, le tribunal est allé au-delà des réquisitions en condamnant le prévenu à quinze mois de prison, dont neuf avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans avec les obligations et interdictions requises.

"C'est la première fois que je vois une victime dans cet état"

"Ce n’est pas la première fois que je requiers dans un dossier de violence conjugale, mais c’est la première fois que je vois une victime dans cet état…" Ce mardi, lors de son réquisitoire, c’est par ces mots que la substitut du procureur Sandra Materat a débuté son propos, avant de revenir sur "le vrai déchaînement de violence" subi par la compagne du prévenu. Et la magistrate de se dire "sincèrement persuadée que la victime a pu penser qu’elle allait mourir ce jour-là…" Des zones d’ombre ont aussi été mises en avant par la représentante du parquet, avec notamment le "trou de mémoire du prévenu, qui débute lorsqu’il commence à frapper pour se finir à l’arrivée des policiers". Pour la substitut Sandra Materat, le prévenu "n’a pas su maîtriser son énervement", pour en venir à "des faits graves, bien qu’il soit primo-délinquant". Au final, c’est ainsi une peine de dix mois de prison, dont six avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, qui a été requise par le ministère public. Sans oublier une nécessaire obligation de soins contre l’alcool et la violence, ainsi que l’interdiction d’entrer en contact avec la victime. Un stage de responsabilisation à la lutte contre les violences faites aux femmes a également été requis.

Article original publié dans l'indépendant du 14/05/2019 par Yannick Bonnefoy
Pour lire l'article original cliquez ici

Rencontrez-nous
 
Nous vous conseillons du 1er rendez-vous jusqu'à la fin de la procédure.
C’est le moment de nous contacter pour votre première consultation.



Prendre Rendez-vous